La diphtérie, cette infection qui n’a jamais complètement disparu

18 juillet 2026
La diphtérie, cette infection qui n’a jamais complètement disparu

La diphtérie reste une infection bactérienne sérieuse, même si on l’a longtemps crue rangée au placard dans les pays comme le nôtre. Elle est provoquée par des corynébactéries, principalement Corynebacterium diphtheriae, parfois C. ulcerans ou C. pseudotuberculosis, qui fabriquent une toxine redoutable. Cette toxine se répand dans l’organisme et peut toucher le cœur, les nerfs, les reins. En France métropolitaine, grâce à une couverture vaccinale élevée, les cas autochtones ont quasiment disparu pendant des décennies. Mais depuis quelques années, on en voit revenir, surtout sous forme cutanée chez des personnes vulnérables, ou importés.

Comment la maladie se manifeste

Ça commence souvent comme une simple angine. Fatigue générale, mal de gorge, fièvre modérée. Puis apparaissent ces plaques blanchâtres, un peu sales, collées sur les amygdales et autour. Le truc c’est que ces fausses membranes peuvent s’étendre. Quand elles atteignent le larynx, on parle de croup. La respiration devient sifflante, douloureuse, la toux rauque, presque aboyante. L’enfant ou l’adulte peut s’asphyxier si on n’intervient pas vite.

La toxine, elle, fait le reste. Elle diffuse et peut entraîner des paralysies, surtout du voile du palais, ou des complications cardiaques. L’incubation dure en général entre deux et cinq jours, parfois un peu plus. Pas besoin d’attendre une semaine pour s’inquiéter.

En 2025, Santé publique France a compté 39 cas toxinogènes sur le territoire. La plupart cutanés, quelques-uns ORL. Une partie chez des personnes sans domicile fixe, d’autres liés à des voyages ou à des populations migrantes. Mayotte continue d’enregistrer des cas régulièrement. Bref, la bactérie circule encore, discrètement.

La vaccination, seul vrai filet de sécurité

Le vaccin reste la seule protection solide. Chez le nourrisson, il est obligatoire. Première injection à deux mois, deuxième à quatre mois, rappel à onze mois. Ensuite on continue à six ans, puis entre onze et treize ans. Chez l’adulte, les rappels sont fixés à vingt-cinq, quarante-cinq et soixante-cinq ans, puis tous les dix ans. On utilise des vaccins combinés, souvent avec le tétanos, la polio et parfois la coqueluche. Les doses d’anatoxine diphtérique sont réduites à partir de l’adolescence pour limiter les réactions.

Pour les professionnels de santé, c’est obligatoire aussi. Et si vous partez dans des zones où la maladie reste endémique, Afrique, certains pays d’Asie ou d’Europe de l’Est, un rappel est fortement conseillé. En France, on ne trouve plus de vaccin diphtérique seul. Tout passe par les associations.

Honnêtement, beaucoup d’adultes traînent des retards. Les chiffres de couverture vaccinale chez les plus de vingt-cinq ans restent insuffisants, surtout chez les hommes. Pourtant un simple rappel suffit à remettre la protection en place.

Pourquoi ça n’a jamais complètement disparu

Le point c’est que la vaccination protège contre la maladie, mais pas forcément contre le portage asymptomatique. Une personne vaccinée peut transporter la bactérie sans tomber malade et la transmettre. Ajoutez des populations fragiles, des retards vaccinaux, des flux migratoires, et la porte se rouvre un peu. Les formes cutanées, plus fréquentes aujourd’hui, passent parfois inaperçues au début.

Le traitement, quand il y a suspicion, repose sur l’antitoxine le plus tôt possible, plus des antibiotiques. Mais on préfère clairement éviter d’en arriver là.

Au bout du compte, la diphtérie n’est plus le fléau qu’elle était au début du XXe siècle. Mais elle n’a pas non plus dit son dernier mot. Garder son carnet de vaccination à jour, c’est encore le geste le plus simple et le plus efficace.

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